Cas clinique 10

dembele edf

Sofiane ressent des douleurs de l’aine droite depuis 4 jours après une frappe contrée de l’intérieur du pied droit. Le testing de hanche en flexion et rotation interne passive déclenche une douleur nette. La contraction contre résistance est légèrement positive en flexion de hanche, nettement positive en rotation externe de hanche fléchie. L’échographie est normale.  

Le lendemain, l’IRM (voir clichés ci-dessous) montre une déchirure de l’obturateur externe. 

On met en route un traitement antalgique (paracétamol, massages locaux et physiothérapie). À J5, il va beaucoup mieux. L’examen clinique est quasi normal. La reprise de la course est autorisée. 

À J7, il débute l’intermittent et à J8, la proprioception. 

On démarre ensuite un travail musculaire avec élastique en salle, mimant les frappes du cou-de-pied et les passes de l’intérieur.  

Il reprend dans le groupe à J12.

Questions posées

  • Quelle est l’incidence des lésions de l’obturateur externe en football ?
  • Est-ce une blessure que l’on peut « négliger » ?

Commentaires

La lésion du muscle obturateur externe (OE) reste inhabituelle chez le footballeur, plus fréquente que celle de l’obturateur interne (OI). Une série en Liga a retrouvé 16 cas en 4 ans, dont 12 lésions de l’OE et 4 de l’OI (1).

Le muscle OE fait partie du groupe des adducteurs, même si sa fonction principale est la rotation externe, laquelle est toujours présente au cours du geste lésionnel.

Peut-être est-elle sous-évaluée. Mais généralement on ne passe pas à côté, car la douleur est suffisamment importante pour demander une IRM devant un testing évocateur dans les rotations.

Les délais de cicatrisation sont courts, 12 jours dans la série de Liga. 

Certains joueurs arrivent à jouer sous AINS, en shuntant les entraînements, avec une bonne tolérance clinique.

Mais on rejoint alors une remarque précédente : les AINS ne sont pas neutres en termes de toxicité, donc attention !

Comme souvent chez le footballeur professionnel, bonne tolérance clinique ne rime pas forcément avec bonne performance sur le terrain, c’est alors à l’entraîneur de juger !

Un confrère me rappelle que dans son club : « Si tu ne t’entraînes pas 2 jours de suite, tu ne débutes pas le match. » Mais ça, ce n’est plus de notre ressort…

1 – Wong-On M, Turmo-Garuz A, Arriaza R, Gonzalez de Suso JM, Til-Perez L. Injuries of the obturator muscles in professional soccer players. Knee Surg Sports Traumatol Arthrosc., 2018, 26(7), 1936-1942.

7 commentaires

  1. Intéressant ce cas mais assez rare: personnellement j’en ai eu 2 cas en 25 ans que nous avions documenté à l’époque car confirmé par l’imagerie avec effectivement sur le plan clinique une douleur inguinale radiologique ment normale sur la hanche. Mais les tests isométriques en flexion et RE faisaient suspecter une lésion de l’obturateur externe ou latéral… (interêt de l’IRM). Merci à toi Franck

  2. De mon experience, un cas en Ligue 1 avec un joueur paucisymptomatique et un diagnostic à posteriori ( le joueur avait du jouer 2 matchs) mais qu’on avait du stopper une douzaine de jours une fois le diagnostic connu même si le joueur voulait poursuivre.

  3. Merci Frank, cas intéressant. Personnellement j’en ai eu durant mes 5 derniers année en Championship. Présentation très similaire.

  4. Bonjour Franck,
    De mon côté, tout reste symptomatique avec des évaluations passives et actives douloureuses mais malheureusement pas de bilans paracliniques même la simple échographie que l’IRM. Du coup, la gestion d’abord de cette douleur aiguë avec un antalgique usuel, pendant 5 jours puis l’introduction d’AINS et dès lors qu’il n’y a plus de douleur, les étirements, renforcement et proprioception. Quand tout un pays n’a pas l’IRM 🙄.
    Merci pour cas.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *